Santé

Organisation mondiale de la santé

La santé pour tous

L'Organisation mondiale de la santé (OMS)(layout.types.url.description) est une agence spécialisée des Nations Unies chargée de garantir à tous les êtres humains les meilleurs soins de santé possibles, tels que définis par la Constitution de l’OMS. La Constitution définit la santé comme un état complet de bien-être physique, mental et social, et pas seulement comme l'absence de maladie ou d'infirmité. La Constitution stipule également que « la possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ».

À cette fin, l’OMS dirige et coordonne les activités mondiales dans le domaine de la santé. Elle est, entre autres tâches, chargée de surveiller l’évolution de l’état de la santé dans le monde, de promouvoir la recherche en santé, d’élaborer des normes relatives à la santé, de prévenir les maladies transmissibles et, selon la demande, de soutenir les Etats Membres dans la lutte contre les maladies, le développement de la politique de santé et la réponse aux urgences sanitaires. En outre, l'OMS peut être l’enceinte de négociation et de conclusion d’accords ou de conventions internationales en lien avec la santé.

D'une organisation médicale et de lutte contre les maladies transmissibles à un acteur du développement durable

L'OMS a été créée en 1948. Les ministères nationaux de la santé sont les points de contact de l’Organisation dans les États membres. Sous l’impulsion des États membres, l'OMS s'est d’abord développée comme une organisation scientifique et médicale et spécialisée notamment dans les maladies transmissibles. L'OMS a néanmoins très tôt joué un rôle important dans la promotion de la santé maternelle et infantile. Dans le domaine des maladies transmissibles, l’éradication de la variole dans les 1980 a été l’un des résultats les plus importants de l’OMS. Au cours des dernières années, l’OMS s’est employée activement à éliminer la poliomyélite dans le monde. Bien que l'OMS ait, de différentes manières, tenu compte du fait que la charge mondiale due aux maladies non transmissibles dépasse aujourd'hui celle causée par les maladies transmissibles, les maladies transmissibles représentent toujours une part importante des travaux de l'Organisation.

L'Agenda 2030 et l'inclusion de la santé dans les objectifs de développement durable ont ouvert une fenêtre d'opportunité pour que l'OMS renforce son poids au sein des Nations Unies. Le Programme général de travail (PGT) 2019-2022, adopté par l'Assemblée mondiale de la santé en 2018, a été conçu dans le but de soutenir la réalisation des cibles sanitaires de l'Agenda 2030. Ce 13e PGT est le premier du genre qui reflète le concept moderne de la santé publique, conçue comme une source à la fois de bien-être et de croissance économique. Les systèmes de santé ont pour rôle spécifique de promouvoir la santé et de fournir des services médicaux. Cependant, la santé est influencée par de nombreux déterminantes sociaux et environnementaux et l'impact peut être soit bon soit nocif. Ceci nécessite une réflexion et des actions par tous les secteurs du gouvernement.

Le 13e PGT comprend les objectifs du triple milliard : 1/ un milliard de personnes supplémentaires doivent bénéficier d'une couverture sanitaire universelle ; 2/ un milliard de personnes supplémentaires doivent être mieux protégées contre les urgences sanitaires ; 3/ un milliard de personnes supplémentaires doivent bénéficier d'une meilleure santé et d'un plus grand bien-être. Le moins avancé de ces objectifs est la réalisation de la couverture sanitaire universelle. Le Secrétariat a suggéré que le PGT soit prolongé de deux ans afin de permettre la réalisation des objectifs du triple milliard, pour lesquels le renforcement des systèmes de santé et l'investissement dans les services de santé primaires sont considérés comme des mesures clés.

L'exemple peut-être le produit normatif plus connu de l'OMS est la Classification internationale des maladies (CIM-11). De nombreuses recommandations scientifiques de l'OMS relatives à la santé fournissent des orientations importantes aux États membres pour l'élaboration de leurs politiques nationales de santé.

La pandémie de coronavirus et l'OMS

Malgré les avertissements de l'OMS et des experts internationaux des maladies transmissibles concernant une « maladie X », la pandémie de coronavirus a surpris au début de 2020 l'OMS et ses États Membres. En raison des mesures rapides prises par la Chine au début de 2020, les pays ont eu quelques semaines pour se préparer à la propagation de cette maladie causée par un virus nouveau et inconnu. La riposte à la pandémie a été lancée sous la direction de l'OMS simultanément en matière de collecte d'informations sur l'agent pathogène et son origine et pour le développement de contre-mesures médicales, en particulier de vaccins. Des dispositions opérationnelles totalement nouvelles ont été prises avec d'autres acteurs majeurs de la santé mondiale pour le développement et la distribution de vaccins, de médicaments et de tests. La pandémie se poursuivant, plusieurs lignes d'action ont été lancées pour renforcer la réponse mondiale aux urgences sanitaires, sur la base des enseignements tirés de cette pandémie. Outre le renforcement des capacités de l'OMS en matière de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, la mise à jour du Règlement sanitaire international de l'OMS (2005) et l'élaboration d'un nouvel accord international sur la préparation et la réponse aux pandémies sont à l'étude.

Gouvernance

L'Assemblée mondiale de la Santé est l'organe directeur suprême de l'OMS. Elle se réunit chaque année en mai et définit l'orientation de l’organisation et de la politique mondiale de la santé.  Le Conseil exécutif, composé de 34 membres, prépare l'Assemblée mondiale de la Santé et met en œuvre ses décisions. Le Conseil exécutif se réunit deux fois par an.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus est le directeur général de l'OMS depuis 2017. Il a par le passé été Ministre de la Santé et des Affaires étrangères de l'Éthiopie et Président du Conseil d'administration du Fonds mondial. Alors qu’il était Ministre de la Santé dans son pays d’origine, le Dr Ghebreyesus a en particulier œuvré à la réorganisation des services de santé en Éthiopie pour couvrir l'ensemble de la population.

Parmi les innovations les plus notables apportées à l'OMS par le Dr Tedros on peut citer, entre autres : le passage d'une évaluation des résultats de l'organisation basée sur un recensement des activités du Secrétariat à une évaluation basée sur les résultats atteints en matière de santé dans les États Membres comme la mesure de l’impact ; la volonté d'améliorer la collaboration entre les principaux acteurs de la santé mondiale ; le renforcement du travail de l'OMS au niveau des pays. Le Dr Ghebreyesus est le seul candidat au poste de directeur général pour le mandat 2023 – 2028.

La Finlande et l'OMS

La Finlande entretient une longue relation de confiance avec l’OMS. La Finlande était un pays pilote pour les soins de santé primaires et le programme « Santé pour tous 2000 », puis pour le programme « Santé pour tous 2015 ». L’OMS a évalué la politique de santé de la Finlande à trois reprises.

La Finlande estime que le monde a besoin d'une OMS forte, efficace, indépendante et crédible. Elle participe activement, le plus souvent en étroite concertation avec l'UE et ses Etats membres, aux travaux administratifs et techniques de l'organisation, en particulier aux processus considérés comme stratégiquement les plus importants pour la santé publique. La Finlande était membre du Conseil exécutif de l’OMS de 2019 à 2021.

La promotion de la santé mentale, la promotion d’une approche intersectorielle de la santé (« Santé dans toute les politiques »), la santé dans les situations d'urgence humanitaire et les fonctions essentielles de santé publique comme condition préalable à la réalisation des objectifs de développement durable sont des exemples de questions sur lesquelles la Finlande est particulièrement investie à l'OMS.

Depuis plusieurs années déjà, la Finlande a œuvré activement dans différents fora pour promouvoir la sécurité sanitaire mondiale. La Finlande promeut également les droits des femmes et des filles ainsi que les droits et services en matière de santé sexuelle et reproductive, qui figurent parmi les principaux objectifs de la politique de développement de la Finlande. Dans les domaines stratégiquement les plus importants, la Finlande se rallie aux positions de l'UE, exprimées lors de l’Assemblé Mondiale de la Santé et du Conseil exécutif, le plus souvent par la présidence du Conseil de l'UE.

La Mission permanente à Genève défend les intérêts de la Finlande et fait la promotion de questions importantes pour la Finlande auprès de l’OMS, souvent en collaboration avec les pays de l’UE et/ou les pays nordiques. La Mission permanente entretient des contacts étroits avec le Secrétariat de l'OMS et suit, dans la limite des ressources disponibles, les discussions et les tendances de la politique de santé mondiale, notamment à l'Assemblée générale des Nations Unies. La participation active aux différentes réunions et consultations préparatoires joue un rôle central dans les travaux quotidiens de la Mission permanente, qui reçoit ses instructions du Ministère des affaires sociales et de la Santé.

Le ministère des Affaires sociales et de la Santé est responsable de la contribution financière de la Finlande à l'OMS. En 2021, cette contribution obligatoire s'élevait à 1,8 million d'euros. En outre, 0,5 million d'euros ont été alloués à des programmes spécifiques. D'autres contributions similaires d'environ 1 million d'euros ont été versées par le ministère des Affaires sociales et de la Santé au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), au Secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) et à l'Observatoire européen des systèmes et des politiques de santé. Le ministère des Affaires étrangères a fourni en 2021 un financement non fléché de 5 millions à l'OMS, plaçant la Finlande au 6e rang sur la liste des donateurs dans cette catégorie. Il a également soutenu le Plan stratégique de prévention et de réponse à la Covid-19 de l’OMS à hauteur de 1 million d'euros.

Programme des Nations Unies sur le VIH/SIDA ONUSIDA

Le VIH/sida, un défi pour le développement

L'épidémie de VIH/sida est devenue dans les années 1990 le défi le plus visible en matière de santé mondiale. L'impact de la maladie sur le développement durable ayant été compris, le programme des Nations unies sur le VIH/sida, ONUSIDA(layout.types.url.description), a été créé en 1993 et est devenu opérationnel en 1993. L'ONUSIDA est chargé de promouvoir et de surveiller la mise en œuvre des déclarations des Nations unies sur le VIH/sida. L'ONUSIDA coordonne et finance partiellement le travail des onze organisations des Nations unies qui le parrainent (OIT, PNUD, UNESCO, FNUAP, HCR, UNICEF, ONUDC, ONU Femmes, PAM, OMS et Banque mondiale) selon une répartition des tâches convenue. L'ONUSIDA a inscrit le VIH/sida à l'ordre du jour politique mondial, non seulement en tant que problème de santé, mais aussi en tant que facteur plus large ayant un impact sur le développement sociétal et économique, les droits de l'homme, la sécurité et la stabilité.

Gouvernance

Depuis 2019, la Directrice générale de l’ONUSIDA est Mme Winnie Byanyima, originaire de l’Ouganda. L'ONUSIDA est dirigé par le Conseil de coordination du programme (CCP). Le Conseil compte 27 membres, dont 22 représentent les États membres et cinq la société civile, cette dernière n'ayant pas le droit de vote. Le CCP discute des questions programmatiques, de certaines questions administratives et de thèmes spécifiques. Les organismes co-parrainant ont le droit d'assister et de s'exprimer. Les États membres travaillent en tant que circonscriptions. La Finlande, le Danemark et la Norvège forment une des circonscriptions, qui travaille en étroite collaboration avec la circonscription de l'Autriche, de l'Islande, de la Suède et de la Suisse. Les deux groupes coopèrent et encouragent notamment la bonne gouvernance, par exemple en ayant des déclarations communes sur la plupart des points de l'ordre du jour du CCP.

La Finlande et l'ONUSIDA

La Finlande a représenté sa circonscription en tant que membre du CCP en 2018-2019.

Les droits des femmes et des filles, la prévention des nouvelles infections dans le contrôle de l'épidémie de VIH/sida et une approche basée sur les droits de l'homme, y compris les droits et services sexuels et reproductifs et l'accès à une éducation sexuelle complète, sont les priorités de la Finlande à l'ONUSIDA.

La Finlande a soutenu l'ONUSIDA à partir de fonds de développement jusqu'en 2016. La réduction du financement au cours des dernières années a obligé le programme à rechercher des mesures pour devenir plus efficace.

Après une publicité négative sur le harcèlement, l'intimidation et l'abus de pouvoir au sein de l’organisation, l'ONUSIDA est devenu un exemple pour l'ONU sur le changement de culture organisationnelle et sur la manière d'améliorer les procédures à suivre dans de telles situations.