Déclaration de la présidence au nom de l'Union européenne sur les prisonniers politiques en Érythrée

MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES DE FINLANDE
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Communiqué de presse 362/2006
18 Septembre 2006

Le 18 septembre 2001, onze personnalités membres du Parlement et du Front populaire pour la démocratie et la justice, le seul parti politique d'Érythrée, ont été arrêtées. Quelques jours plus tard, dix journalistes indépendants ont également été appréhendés. Depuis lors, d'autres personnes ont été arrêtées et mises au secret sans avoir été inculpées et sans pouvoir exercer leur droit à un procès en bonne et due forme.

En dépit des appels lancés à maintes reprises par la communauté internationale, y compris l'UE, ainsi que par plusieurs instances gouvernementales et non gouvernementales s'occupant de droits de l'homme, ces prisonniers sont toujours détenus, sans chef d'inculpation et sans pouvoir bénéficier d'un procès libre et équitable. Aucun d'entre eux n'a été amené à comparaître devant un magistrat, alors que la loi érythréenne exige une comparution des détenus dans les quarante-huit heures suivant leur arrestation.

L'Union européenne déplore vivement ces graves violations des droits de l'homme et demande instamment au gouvernement de l'État d'Érythrée de communiquer des informations sur le lieu de détention, les conditions de détention et l'état de santé de chacun de ces prisonniers. L'Union européenne engage en outre le gouvernement à inculper les détenus et à veiller à ce qu'ils fassent l'objet d'un procès équitable et public, avec une représentation en justice appropriée, ou à les libérer sans condition.

Les détenus devraient être autorisés à recevoir la visite de leur famille, d'un avocat et d'un médecin de leur choix. Les autorités érythréennes devraient faire en sorte que le traitement de ces personnes en détention soit conforme à toutes les conditions énoncées dans les Principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus, adoptés par l'Assemblée générale de l'ONU dans sa résolution 45/111 du 14 décembre 1990.

L'UE attache une grande importance au bien-être des détenus, et appelle une nouvelle fois le gouvernement de l'État d'Érythrée à autoriser les Chefs de Mission de l'UE présents à Asmara à rendre visite aux intéressés pour évaluer leur situation.

La Bulgarie et la Roumanie, pays en voie d'adhésion, la Croatie* et l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, l'Islande et le Liechtenstein, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine et la République de Moldavie, se rallient à la présente déclaration.

*La Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.